La première rencontre nationale des associations EHEO, les 11 et 12 mai 1996...
... fut formidable !
Elle marque par son avènement et par l’enthousiasme exprimé des participants, une étape décisive dans l’évolution des associations EHEO : désormais, elles existent ensemble, un réseau de communication s’est créé là.
La génèse
Il a suffi que l’idée persistante d’une rencontre de toutes les associations EHEO de France fasse son chemin, puis s’impose comme une nécessité pour que petit à petit une puis deux puis quatorze personnes de l’association EHEO des Mureaux et un peu plus mettent en oeuvre leur énergie et leurs talents pour organiser en quelques mois, deux jours d’intenses échanges entre tous ceux qui aujourd’hui en France et en Israël travaillent à la même tâche : aider bénévolement les enfants handicapés par l’ostéopathie...
Ils ne se connaissaient pas. Le contact fut immédiat, les visages heureux et ouverts, les regards attentifs et enchantés. Les rires et l’amitié ont rempli le pavillon Normandie du Centre Hospitalier Départemental de Bécheville aux MUREAUX, ces 11 et 12 Mai 1996.
En résumé
Trente personnes, parents (présidents, secrétaires, trésoriers, membres du Conseil d’Administration) et ostéopathes sont venues d’Auxerre, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Mulhouse, Strasbourg, Toulouse, Douai et Jérusalem, tous engagés dans l’aventure d’une association EHEO, avec l’intention de se rencontrer pour partager leurs difficultés et leurs expériences.
Mme Florence OESCHSNER, présidente de l’A.S.O. ( Ass. de Soutien aux Ostéopathes) et Mme FAVARIO, présidente de Libero (Libre Recours à l’Ostéopathie) nous ont aussi honoré de leur présence et de leur ouverture d’esprit.
Pierre COUSIN était également venu vivre la rencontre en tant que représentant du R.O.F. (Registre des Ostéopathes de France).
Quinze parents, deux nutritionnistes et dix sept ostéopathes de l’association EHEO des Mureaux les ont accueilli pour une journée de consultations ensemble,
Une soirée festive
et le lendemain pour une réunion-débat qui a soulevé d’essentielles questions.
Premiers contacts
Dès le samedi 11 mai à 9h, Chantal GESLIN et Jocelyne LEBERT (parents EHEO des Mureaux) reçoivent les participants, attribuent badges et dossiers qui sont l’oeuvre artistique et pédagogique de François BEL et de Pierre TRICOT (ostéopathes EHEO des Mureaux).
Soulignons ici le grand intérêt porté au fascicule "L’OSTEOPATHIE AU SERVICE DE L’ENFANT HANDICAPE" inclus dans ce dossier, conçu par Pierre TRICOT pour l’information de tous. Il est heureux que grâce à cette rencontre, il puisse être plus répandu et utilisé pour une meilleure connaissance des enfants handicapés et de l’ostéopathie.
Les premiers regards vont vers les locaux repeints à neuf, pour la Rencontre, par les jeunes de la Cité Espérance et leur éducateur Jean-Luc BREANT. Ils font l’admiration de tous. La plupart des associations n’ont pas cette chance. Les problèmes de locaux sont en effet au 1er rang de leurs préoccupations actuelles.
Jusqu’à 10h la salle d’accueil se remplit joyeusement autour des brioches, croissants, cafés et de l’exposition qui tapisse les murs, réalisée par Pascal VAUTROT (parent EHEO des Mureaux).
Une carte de France situe les 10 associations et met en évidence que depuis 1983, date de création de la première association à Grenoble, le mouvement des associations EHEO se développe bien dans notre pays. Les régions de Bretagne, Centre et Sud ont aussi le désir de mettre en place des associations identiques. On ne peut que se réjouir de cet essor qui manifeste combien les parents sont conscients et actifs dans l’aide que l’ostéopathie peut apporter à leurs enfants.
L’exposition est aussi composée de 11 panneaux illustrés de documents et photos provenant des 11 associations. L’originalité de chacune apparaît, les photos des enfants sont émouvantes, d’un panneau à l’autre les conversations s’animent autour des documents : comparaisons, exclamations, échanges d’idées, projets, questions,... L’exposition a été un moyen simple de présentation et de communication, elle a suscité l’intérêt de tous. Et c’est ainsi que nous nous rencontrons !... Certains se retrouvent, qui avaient fait leurs études ensemble... d’autres découvrent ceux dont ils ne connaissaient que le nom. L’ambiance est fraternelle et chaleureuse. L’esprit de la Rencontre est bien là dans ces premiers échanges spontanés entre parents et ostéopathes.
Vers 10h, Claudia BENAZECH, présidente intérimaire prend la parole. Elle lit le message de Patrick VERMEIL, président de l’association EHEO des Mureaux, hospitalisé puis présente ces voeux personnels pour cette Rencontre.
Une journée de consultations
François BEL, délégué des ostéopathes des Mureaux invite ensuite chaque ostéopathe à rejoindre l’équipe dont il fait partie pour la matinée. Les six équipes de consultations sont constituées selon le mode de fonctionnement aux Mureaux : six responsables de traitement (F. BEL, P. BLANVILLAIN, B. JOSSE, I. SCHMITT, M. THINAT, P. TRICOT) et trois ostéopathes adjoints à chaque équipe.
Que se passe-t-il lorsque des ostéopathes de formation et de pratiques différentes, qui ne se connaissent pas, travaillent ensemble ? Dans cette situation particulière de la Rencontre, la plupart ont senti une étonnante facilité à travailler ensemble et une qualité inhabituelle des séances, car la priorité de chacun était le traitement de l’enfant et l’attitude commune, l’acceptation totale de la pratique de l’autre. Pour certains cette expérience fut une découverte essentielle. Elle fut la preuve que dès que l’unité se fait autour de la même intention, le travail ensemble est non seulement possible et efficace mais aussi transforme et fait évoluer enfants, parents, ostéopathes. Etre capable de bien travailler ensemble est une préoccupation majeure exprimée par les ostéopathes lors de la réunion-débat. C’est ce qui fonde la motivation et le dynamisme des praticiens, selon l’expérience des Mureaux.
Pendant les temps de consultations, les parents invités poursuivent leurs échanges entre eux, assistent avec Jean-Claude MICALEF (bénévole) et les parents de l’association des Mureaux (Mr DEFLERS, Mr et Mme CONDOMITTI parents) au déroulement habituel d’une journée de consultations aux Mureaux. Ils ont pu aussi venir assister à une séance. La discrète présence d’un parent non concerné cette fois-là a été bienfaisante pour les parents dont l’enfant était soigné. Ils ont senti leur vécu commun, échangé sur leurs craintes et leurs espoirs, se sont réconfortés mutuellement à la fin de la séance. Les parents, au fil de ces deux jours, se sont ouverts les uns aux autres, se racontant leurs difficultés de parents et de responsables d’associations... Les échanges ont donné à tous un nouvel élan.
Ils font également la connaissance de Karen VAGO et Françoise BOURDENET, nutritionnistes bénévoles qui reçoivent, dans le cadre de l’association des Mureaux, les parents qui le souhaitent pour une aide dans l’alimentation de leur enfant, autre approche d’une meilleure santé. Leur présence originale a suscité beaucoup d’intérêt et de questions.
Samedi 12h30, le temps du repas rassemble cinquante personnes au restaurant. Moment très animé où l’enthousiasme de la matinée est porteur.
A 14h30, les consultations reprennent avec des équipes d’ostéopathes différentes. L’harmonie est encore là...
Comment les enfants ont-ils vécu cette journée exceptionnelle ? La plupart ont très bien accueilli les équipes qui les soignaient et étaient ravis de l’atmosphère de fête. Certains ont été perturbés par les nouvelles couleurs des murs, l’ambiance particulière qui modifiait leurs repères. Il est sûr qu’eux aussi ont perçu la joie de vivre qui régnait parmi nous et dont ils sont la cause primordiale.
Entre 17h30 et 19h, un apéritif est proposé. Nous apprécions les spécialités apportées par Strasbourg, le Kugelhopf, Bordeaux, le vin dédicacé par les Girondins de Bordeaux, les beignets d’Auxerre... et les délicieux cakes aux olives des Mureaux faits par Mr et Mme ALQUIER (parents).
En cette fin de journée de consultations, Claudia BENAZECH exprime ses remerciements.
Nous accueillons alors Alain ANDRIEUX (Président de l’UFOF : Union Fédérale des Ostéopathes de France) et Michèle DANGREAU-MUSSAT tous les deux ostéopathes à Saint Germain en Laye, venus nous soutenir de leur fidèle amitié pour cette première rencontre.
La soirée dansante a été une autre façon de nous rencontrer, de nous dire la joie d’être ensemble.
Une grande réunion
Le lendemain dimanche 12 mai, François BEL anime la réunion qui s’est tenue de 10h à 14h. Les échanges verbaux et l’écoute mutuelle sont d’une qualité remarquable.
Les représentants des 10 associations présentes sont invités à s’exprimer sur la journée précédente et à présenter les atouts et les difficultés spécifiques de leur association. Au préalable, François BEL expose un bref récapitulatif : 60 personnes se sont rencontrées, ce qui dépasse notre espérance, toutes les associations sont représentées soit 10. C’est grâce à cet accord de tous que la rencontre a pu avoir lieu. Quelques chiffres sont mis en évidence : 1000 enfants sont traités dans l’ensemble des associations, 200 ostéopathes y participent, 8 associations sont créées par les parents, portent le même nom (EHEO) et ont les mêmes statuts alors que deux autres, le D.O.N. (Développement Ostéopathique du Nord) et Mandarine-Océan sont des associations d’ostéopathes ayant le même but. L’A.S.O. et Libéro, qui sont deux associations de consommateurs sont aussi représentées.
Présentation de l’association des Mureaux
Monique THINAT (Ostéopathe) raconte la mise en place de l’association des Mureaux avec l’aide précieuse en 1992 de Mr GIMBERT, à l’époque Président de l’association de Toulouse. Ensuite, c’est bien la volonté des 30 premiers parents de la région qui, après 2 réunions d’information de la part d’une équipe d’ostéopathes déjà bien formée (F. BEL, P. TRICOT, Jean-Hervé FRANCES, P. BLANVILLAIN, M. THINAT) a permis la création de l’association.
Le lieu initial était Mantes la Jolie. Après une année de difficultés matérielles (locaux inadaptés), l ’association est venue aux Mureaux, chaleureusement accueillie par la municipalité et par l’hôpital psychiatrique de Bécheville qui nous prête gratuitement et de façon indépendante un de ses pavillons inoccupés... Depuis tout va bien...
La préparation de la Rencontre, cette année a réveillé les richesses endormies et donné une vie nouvelle à l’association des Mureaux.
Claudia BENAZECH, présidente intérimaire poursuit cette présentation.
En quelques chiffres :
5 ostéopathes et 20 enfants à la première consultation de mars 1993, aujourd’hui (en 1996) 80 enfants et entre 12 et 20 ostéopathes, une séance par mois en 1996, 10 mois par an. Les enfants sont soignés par plusieurs ostéopathes. Elle souligne l’importance accordée au dialogue parents/ostéopathes.
Patrick BLANVILLAIN explique les données communes de l’équipe des ostéopathes des Mureaux : au début de l’association 4 sur les 5 ostéopathes étaient issus de la même école ATMAN. Le 5e était Pierre TRICOT de qui toute l’équipe avait reçu un enseignement ; c’est donc avec une forte unité dans l’approche tissulaire et la motivation de se retrouver ensemble qu’ils ont commencé dans l’association des Mureaux... Par la suite, des étudiants ou des professionnels sont venus agrandir l’équipe initiale, informés de l’existence de l’association lors des séminaires animés par Pierre TRICOT et François BEL. C’est ainsi qu’avec la même compréhension ostéopathique, le travail ensemble ne pose aucune difficulté.
Présentation de l’association de Lyon
Alain ASSANDRI, ostéopathe, présente le pôle ostéopathique de l’association EHEO de Lyon.
L’association de Lyon débute en 1986, à l’image de celle de Grenoble, avec des ostéopathes dont la motivation essentielle était la prise en charge ensemble d’enfants handicapés qu’ils avaient tous en traitement dans leur cabinet. En effet la prise en charge à long terme par un praticien isolé semblait trop difficile.
Le dispensaire a été mis en place dans un cadre particulier à l’époque d’organisation politique de la profession d’ostéopathe, celui de la régionalisation des 4 structures R.O.F., Collégiale Académique, U.F.O.F. et A.F.D.O.. Pierre REIBAUD, ostéopathe à Lyon et partisan de cette organisation régionale, connaissait déjà beaucoup d’enfants et de parents. Il a sollicité Marie-Thérèse QUENTIN, infirmière et parent, qui tout de suite a accepté la présidence de l’association EHEOL, conçue sur le schéma de l’association de Grenoble : c’est une association de parents, les ostéopathes ne participant pas au fonctionnement administratif de façon à ne pas fragiliser l’association par d’éventuelles poursuites judiciaires.
L’association de Lyon traverse actuellement des difficultés et les ostéopathes, dispersés après la suppression de l’organisation régionale, cherchent à se regrouper depuis 1994 dans le cadre du C.O.L. (Cercle Ostéopathique Lyonnais.
Marie RABATEL, présidente de l’association de Lyon depuis 3 ans, maman d’une petite fille trisomique, parle de son expérience.
Il y a 10 ans de fonctionnement mais depuis 5 ans, l’association connaît une phase de ralenti : le nombre d’enfants traités est passé de 100 à 30 !
Cette baisse du nombre est due selon elle, au fait que beaucoup de parents, grâce à l’association, ont trouvé un ostéopathe à proximité de leur domicile et ne souhaitent plus faire 100 ou 200 km pour venir en consultation à l’association. L’autre cause possible serait la difficulté de faire connaître l’association et de favoriser le bouche à oreille. Des actions telles que des journées portes ouvertes et des contacts auprès des professions médicales et paramédicales n’ont donné aucun résultat.
L’association fonctionne le samedi matin et le vendredi après midi 2 fois par mois. Par roulement, les parents assurent l’accueil et les prises de rendez-vous... Dans le but de relancer le dynamisme il est actuellement envisagé de fonctionner le mercredi dans de nouveaux locaux plus centraux.
Marie RABATEL déplore que les ostéopathes, en nombre insuffisant, ne puissent travailler par deux : au cours d’une demi-journée, ils sont 4 parfois 3 et doivent chacun soigner deux enfants par heure !!. ceci est regrettable pour les enfants et pour les ostéopathes qui ne peuvent pas, comme il est prévu dans les statuts, échanger leur ressenti autour des enfants.
De bons échanges entre les familles se font autour de week end ou de Noël.
Elle souligne encore la difficulté de recrutement des ostéopathes (20) malgré l’existence du C.O.L. et leur désir de communication avec l’association de parents par l’intermédiaire d’un représentant des ostéopathes.
Sabine DUGIED, ostéopathe de Lyon, prend la parole. Elle est arrivée à Lyon il y a deux ans, très motivée, après avoir vécu une belle expérience au dispensaire de Londres avec des ostéopathes qui n’hésitaient pas à donner un ou deux jours par mois pour traiter en équipe 80 enfants par semaine.
Or, dans l’association de Lyon, il lui est apparu très clairement au cours des réunions mises en place pour s’interroger sur les causes des difficultés actuelles, que les ostéopathes ne savaient pas travailler en équipe.
Quelques ostéopathes ont constitué un petit groupe pour apprendre à travailler ensemble.
Selon Sabine DUGIED c’est le grand point à développer d’où peut naître la motivation pour l’association.
Sur un autre plan, une des solutions à cette difficulté de cohésion d’une équipe est expérimentée depuis le début aux Mureaux : il s’agit de la journée continue de consultations, 1 fois par mois, de tous les ostéopathes et parents, avec repas en commun. Cette organisation favorise aussi l’unité.
Marie RABATEL a accueilli l’initiative de Rencontre avec satisfaction et espoir car l’association de Lyon est dans une phase difficile de son histoire. Elle espère recevoir un regain de dynamisme à l’écoute des autres associations présentes.
Présentation de l’association de Grenoble
Les représentants étant absents ce jour là à la réunion, leurs propos sont retransmis par François BEL qu’ils ont délégué.
Leur fonctionnement administratif est identique à celui de Lyon et des Mureaux. Par contre, pour qu’ils puissent travailler dans l’association EHEOG, les ostéopathes doivent au préalable être inscrits à une Association Régionale d’Ostéopathes, être étudiants en fin de cycle ou ostéopathes confirmés, ceci pour éviter que les praticiens ne viennent de tous les horizons ou pour prendre au dispensaire des informations comme des cours.
Présentation de l’association de Toulouse
Mr GIMBERT (parent et ex-président de l’association EHEO Midi-Pyrénées) explique que dans les salles d’attente des cabinets d’ostéopathe, des parents d’enfants handicapés trouvaient que les séances étaient bien chères... Ce fut leur première motivation pour créer en 1986, avec des ostéopathes intéressés comme Jean-Pierre AMIGUES, une association identique à celle de Grenoble.
En 1985, des séances avaient déjà lieu dans un cabinet d’ostéopathe, une matinée par semaine... Il y eut des problèmes de locaux puis la Communauté Municipale de Santé de Toulouse a prêté une puis 3 pièces.
Le fonctionnement est hebdomadaire chaque mercredi avec une alternance : 2 ostéopathes pour un enfant une semaine et 3 ostéopathes dont un travaillant seul la semaine suivante. Au fil des années, le bénévolat s’est réduit. Il y eut des moments très difficiles, par exemple les parents à la porte attendant l’ostéopathe bénévole qui ne venait pas.
Le problème de l’association depuis le début est aussi la différence entre l’investissement d’un petit groupe de parents (le Bureau) et la passivité des autres qui viennent en consommateurs. Pour remédier à cela, le règlement intérieur avait établi que chaque parent adhérent devait donner une journée de services pour l’association dans l’année. Ceci a porté ses fruits pendant un temps. Puis il a fallu re-solliciter chacun sous peine de voir disparaître l’association. Finalement, une personne a été embauchée pour résoudre les problèmes d’accueil et d’organisation de rendez-vous, ce qui explique que la cotisation annuelle soit la plus élevée (400 F).
Mr GIMBERT précise que jusqu’alors, il n’y avait pas d’ostéopathes dans le bureau mais l’association mesure qu’aujourd’hui elle se sent suffisamment forte et que malgré les risques juridiques, elle change son orientation et accepte désormais un ostéopathe dans le Bureau.
Il s’agit de Jean-René FUNEL, qui prend maintenant la parole, pour présenter la vie des ostéopathes dans l’association.
Les ostéopathes sont nombreux : 25. par contre, il n’y aurait pas assez d’enfants handicapés à soigner ! Il est donc envisagé d’ouvrir la consultation aux enfants non handicapés. ce serait aussi pour favoriser l’insertion sociale des enfants handicapés.
Depuis un an, le dispensaire de Toulouse organise des journées d’information pour les ostéopathes : orthodontistes, orthopédistes, orthoptistes ainsi que d’autres représentants de professions paramédicales, viennent expliquer leur travail et la manière de faire équipe intelligemment avec eux.
Il existe entre ostéopathes des " Journées scientifiques " où chacun expose la particularité de son approche et recherche un langage commun. Jean-Pierre AMIGUES avait créé un prix de thèse financé par Toulouse et Grenoble mais il serait bon que toutes les associations y participent... Ce prix avait été attribué pour la première fois en 1992 à Monique THINAT pour sa thèse " Les enfants déficients profonds " qui faisait connaître des tests d’évaluation de l’efficacité de l’ostéopathie pour les enfants handicapés... A ce propos que sont ces tests ?
Monique THINAT explique qu’ils viennent de Glen DOMAN, physiothérapeute américain, qui en 1950 mit au point une méthode de stimulation sensori-motrice intensive connue sous le nom de " patterning ", dont le but est de recréer des ponts neuroniques compensant des lésions cérébrales. Glen DOMAN, pour suivre l’évolution de ses patients établit un " Profil de développement ", basé sur le développement neuro-moteur d’un enfant normal de 0 à 6 ans, où sont inscrites les réponses à des tests d’évaluation selon 6 compétences sensorielles et motrices. Chaque association présente reçoit un exemplaire de ce matériel et son mode d’emploi, utilisé aux Mureaux depuis 1993... Chaque année, à la date anniversaire de sa première consultation, est établi pour l’enfant un nouveau profil ainsi que le calcul de l’évolution de son potentiel (taux de croissance). Ce profil est visuel, il est le point de repère qui exprime l’utilisation que l’enfant a pu faire de ses possibilités. Il jalonne le travail des ostéopathes en objectivant progrès, stagnation, régression. Les parents s’y intéressent. Il a été mis en évidence, grâce à ces profils et taux de croissance, des progressions conséquentes chez des adultes handicapés mentaux qui restaient malgré tout déficients profonds. Bien sûr, l’essentiel reste le travail palpatoire, l’appréciation subjective de l’état tissulaire et de sa mobilité.
Jean René FUNEL propose que pour une plus grande cohérence, toutes les associations mettent en pratique ces tests d’évaluation.
Présentation de l’association de Strasbourg
Annie HAMM, secrétaire de l’association EHEO de Strasbourg,indique que la motivation essentielle des parents de la région pour créer une association en 1990 était que leurs enfants soient soignés par plusieurs ostéopathes en même temps et qu’il y ait un échange ostéopathes-parents ; l’aspect financier était aussi non négligeable.
Il y a 40 enfants inscrits actuellement.
Le manque d’ostéopathes est un problème majeur : leur nombre est passé d’une vingtaine à 7...
Une fois par mois, une trentaine d’enfants sont soignés, mais tous les ostéopathes ne viennent pas... Face à cela, plusieurs décisions ont été prises : l’espacement des séances tous les 2 mois, puis tous les 3 mois, et le refus de nouveaux adhérents. Comment recruter et motiver les ostéopathes qui ne semblent pas intéressés par l’association ?
Côté parents, des petits groupes ont été constitués à l’occasion de l’organisation de Fête de Noël, pique-nique, permanences et ça marche assez bien. L’association a un caractère très familial.
Les séances se passent dans un centre Culturel. Les locaux ne sont pas gratuits. La cafétéria sert de salle d’attente, accueil et jeux pour les enfants. 3 salles sont disponibles, 1 enfant est soigné par salle. Chaque enfant est soigné par un seul ostéopathe à cause du manque de praticiens.
Une recherche de tables est aussi en cours.
A propos des tables de traitement, Claudia BENAZECH (EHEO des Mureaux) précise qu’aux Mureaux 6 tables mécaniques ont été données par le Collège Ostéopathique ATMAN et que le Lion’s Club de Poissy a financé 2 tables électriques.
Dominique VAN DINH, ostéopathe de Strasbourg, exprime sa grande satisfaction d’être venue à la Rencontre, d’avoir pu hier travailler à plusieurs par table, ce qui lui est apparu très simple. Elle a trouvé là, une cohérence pour soigner les enfants, ce qui est rare dans l’univers des ostéopathes. L’échange d’expériences entre associations, comme ce week end, peut ouvrir un terrain de recherche, et de futurs échanges.
Dans l’Est, une association d’ostéopathes existe. Elle est très dynamique, organise des séminaires, stages, groupes de recherche. Elle regrette qu’au dispensaire il n’y ait que des professionnels, aucun étudiant, ce qui pourrait selon son point de vue, dynamiser l’association..
Elle a beaucoup apprécié la présence aux Mureaux des deux nutritionnistes. Elle a le projet de proposer le même service dans l’association de Strasbourg ; ainsi que l’intervention d’un médecin homéopathe.
Echange libre sur l’intervention d’autres praticiens
A l’association EHEO des Mureaux, c’est Isabelle SCHMITT et Patrick BLANVILLAIN, ostéopathes qui ont eu l’initiative en 1995 de proposer à Karen VAGO et Françoise BOURDENET, nutritionnistes, de faire une information sur la nutrition.
Les problèmes de poids, de digestion, d’intoxication tissulaire et les difficultés alimentaires des enfants handicapés sont très fréquents. En fait, Karen et Françoise ont été très vite amenées à répondre à la demande des parents de consultations individuelles, ce qu’elles font bénévolement, le même jour que les consultations ostéopathiques.
Echange libre sur l’intégration d’étudiants en ostéopathie
Plusieurs fois abordée lors des présentations des associations qui viennent d’être entendues, la question de l’accueil ou non des étudiants dans les consultations est alors franchement soulevée. François BEL explique qu’aux Mureaux, les étudiants sont accueillis de la 1ère à la 6e année. Ils ne reçoivent aucun certificat de stage. Ils viennent pour apprendre et partager la journée.
Alain ASSANDRI (Lyon) précise que dans les statuts d’EHEOL, les étudiants ne sont pas admis.
Actuellement, les élèves plein temps cherchent des lieux de stage et il faut, selon lui, faire attention à ce que les associations ne deviennent pas des succursales d’écoles d’ostéopathie.
Aux Mureaux, poursuit François BEL, il y a un ostéopathe professionnel par table (c’est à dire qui se reconnaît comme tel et vit de la profession) qui n’a pas forcément les critères du ROF par exemple. Il peut être kiné-ostéopathe ou ostéopathe. Il est responsable du traitement et est assisté de jeunes praticiens et d’étudiants.
Selon Patrick BLANVILLAIN (ostéopathe EHEO des Mureaux), le seul critère est la motivation que l’étudiant a, de s’intégrer à cette intention commune de soigner les enfants.
Pour Pierre TRICOT (ostéopathe EHEO des Mureaux) le problème soulevé par la présence des étudiants est un faux problème : la confrontation et le traitement de l’enfant handicapé sont suffisamment difficiles pour que seules les personnes motivées y participent, de surcroît bénévolement. Le traitement en groupe est source de grand dynamisme. Le plaisir qu’ont les ostéopathes à se retrouver, pour échanger, les motive davantage. Leur réunion crée également une confraternité dans laquelle peuvent s’épanouir et apprendre les plus jeunes. Les étudiants sont acceptés et dynamisés par les plus anciens. Cela crée entre tous une bienveillance, source d’une cohérence de compagnonnage.
Pierre COUSIN (ostéopathe, représentant du ROF) développe un point de vue très opposé. Il demande aux parents d’être vigilants, de poser des questions car selon lui un étudiant en 1ère année peut poser ses mains sur un enfant et faire le même effet aux yeux des parents alors que le traitement ne sera pas le même. " Il faut être très transparent, dit-il, et ne pas laisser les associations devenir des lieux de stage ".
Mr GIMBERT, en tant qu’ex-président de EHEO Toulouse poursuit en affirmant, avec d’autres, que les parents doivent absolument savoir par qui leur enfant est soigné. Libres à eux d’accepter ou non les étudiants. Si cette règle n’est pas respectée, cela peut mettre en danger l’association, ce qui a failli se produire à Toulouse.
Pierre TRICOT pose ensuite cette question : " Que pourrait-il bien se passer quand un étudiant pose ses mains sur un enfant ? " Un parent répond par une autre question : " Quand vous travaillez à plusieurs, êtes-vous conscients de ce que font les autres ou pas ? " L’équipe des Mureaux répond "oui" à l’unanimité. Pierre TRICOT explique pourquoi : "Avec le travail tissulaire tel que nous le pratiquons aux Mureaux, cela n’est pas possible de faire n’importe quoi, car la Vie répond instantanément à ce qui se passe par rapport au praticien. Si il y a quelqu’un qui fait n’importe quoi, les plus expérimentés le savent immédiatement ". Il lui est proposé alors de changer son attitude ou de se retirer.
Un parent dit : " Il y a une certaine difficulté à parler de l’ostéopathie avec les nouveaux parents, qui à chaque fois montrent une certaine suspicion à l’égard de ce type de soin. A aucun moment les parents ne doivent mettre en doute la qualité des soins qui sont donnés à leur enfant ; cette confiance doit être préservée à tout moment ".
" Si vous avez peur, dit Mme PRIDA (parent et présidente de EHEO Bordeaux), faites-vous soigner vous-mêmes par plusieurs ostéopathes et étudiants avant de confier votre enfant et vous verrez ! "... Elle a elle-même vécu cette expérience qui a fondé sa confiance enthousiaste.
François BEL fait le point sur cette question importante en concluant que les avis sont donc divergents : certains considèrent le diplôme d’ostéopathe comme un critère essentiel de compétence alors qu’aux Mureaux par exemple, les équipes sont constituées autour de critères d’attitude intérieure : l’intention et l’attention de l’être, la volonté de soigner.
Pour illustrer le danger qu’il y aurait à ne pas maintenir cette ouverture, François BEL relate la première crise de l’association qui a eu lieu juste avant la rencontre : la sélection exigée par la Présidente précédente de ne garder les étudiants qu’à partir de la 3e année alors qu’il n’y avait eu aucun problème avec les enfants, a mis en évidence la forte cohésion de l’équipe des ostéopathes pour n’exclure aucun étudiant, y compris de 1ère année. La Présidente a démissionné. "La qualité des soins, pour nous, dépend de la justesse de l’engagement de la personne, et nous, ostéopathes, tenons à maintenir ce principe". Telle fut notre position commune.
Alain ASSANDRI (ostéopathe,EHEO Lyon) énonce qu’il doit y avoir des règles, même s’il y a des cas particuliers : il souhaite qu’exceptionnellement un étudiant motivé puisse travailler dans l’association, mais que cela ne soit pas la règle, car des ostéopathes doivent être intéressés par la réglementation de leur profession.
" Est ce que le but des associations est de faire reconnaître l’ostéopathie ou bien de soigner les enfants handicapés ? " demande François BEL. Cette autre question importante sera reprise un peu plus tard par Pierre TRICOT.
Présentation du D.O.N. (Développement Ostéopathique du Nord)
par Dany HEINTZ (présidente et ostéopathe).
"Justement, dit-elle, c’est à cause d’un manque de relation de confiance entre parents et ostéopathes que l’A.D.O. (Association de Défense de l’Ostéopathie), association créée par des parents d’enfants handicapés à Lille en 1984, a cessé d’exister en 1989. Que s’est il passé ? Les étudiants de 1ère et de 2e année étaient accueillis. Au bout de quatre ans, il n’était plus possible de mobiliser des ostéopathes professionnels, il ne restait plus que deux ostéopathes-étudiants, un de 2e année, un de 3e année !... Les parents ont estimé qu’ils n’avaient plus les garanties suffisantes d’un travail rigoureux et ont arrêté l’association".
En 1994, un regroupement d’ostéopathes professionnels s’est fait désireux de relancer ces journées thérapeutiques. L’association actuelle (le D.O.N.) est une association d’ostéopathes qui n’acceptent que les étudiants de 5e et de 6e année, ce qui est une garantie pour les parents et permet d’établir une relation de confiance avec eux.
Récemment, un groupe de parents a souhaité créer, aux côtés du D.O.N., une association de parents avec la perspective en plus d’accueillir les enfants maltraités et les personnes défavorisées. Ce serait donc aussi une association de parents dont le but serait de promouvoir l’ostéopathie.
Présentation de l’association de Mulhouse
par Serge CAPON (parent et président).
L’association EHEOM a bénéficié de l’expérience de Strasbourg mais a aussi créé des problèmes en entraînant avec elle une partie de l’équipe de Strasbourg. La difficulté est de vivre ensemble, de coordonner la vie en groupe. En même temps, l’esprit commun qu’on retrouve en ostéopathie est bien présent comme on a pu le ressentir lors de cette rencontre.
" Il faut être tolérant et attentif les uns aux autres : nous devons ni défendre, ni accuser les ostéopathes. Eux ne doivent pas se servir de nous, mais l’ostéopathie doit être au service des enfants. Nous formons une seule humanité que nous soyons handicapés ou pas, parents, ostéopathe, enfants... et nous ne devons pas l’oublier " exprime Serge CAPON, qui fut applaudi.
Patricia FIMBEL (ostéopathe de Mulhouse) souhaiterait que les ostéopathes issus d’écoles différentes viennent, que les écoles d’ostéopathie soient informées de l’existence de EHEOM, car il est très difficile de mobiliser les ostéopathes professionnels, même les plus proches. Ils sont peu disponibles. Au départ, ils ont lancé l’association et fait connaître aux parents les bienfaits de l’ostéopathie pour leurs enfants handicapés puis certains ont dû assumer un cabinet de plus en plus accaparant. Il est donc bien que de jeunes ostéopathes prennent le relais dans les EHEO.
Peut-être aussi semble-t-il bon que les ostéopathes fassent partie du conseil d’administration ou bureau, car l’ostéopathie a des problèmes de reconnaissance et les parents pourraient ainsi apporter un réel soutien.
Suite de l’échange sur l’intégration d’étudiants en ostéopathie
Pierre TRICOT intervient pour donner son point de vue et répondre ainsi à la question soulevée tout à l’heure par François BEL : travailler au sein d’une association EHEO n’a absolument rien à voir avec la reconnaissance de l’ostéopathie, c’est simplement se mettre au service d’enfants qui en ont particulièrement besoin. Ces deux objectifs sont importants, mais il ne faut pas les mélanger... C’est pour cela qu’aux Mureaux, nous avons pris des positions qui sont réprouvées par certains mais qui participent beaucoup au dynamisme de l’association que nous voulons sauvegarder.
Présentation de l’association de Bordeaux
Alors dernière née des EHEO, l’association EHEO Bordelais est aussi celle qui est la plus représentée (4 personnes), ce qui montre sa motivation ! C’est Martine PRIDA (parent et présidente) qui en raconte les premiers pas, à l’initiative de Bruno DUCOUX (ostéopathe à Bordeaux) qui a réuni ostéopathes et parents.
L’association fut créée en mars 1996. Deux séances par mois fonctionnent le mercredi matin et le samedi matin. Il y a actuellement 18 enfants... et 19 ostéopathes ! Rires et émerveillements ont suivi cette information rare et encourageante.
Les séances ont lieu provisoirement dans un cabinet de pédiatre. De nouveaux locaux devront être trouvés à partir de juin 1996. C’est la difficulté actuelle de l’association qui par ailleurs va très bien. Il est envisagé de supprimer la séance du mercredi matin au profit d’un samedi entier par mois pour correspondre à la plus grande disponibilité des parents et aussi pour mettre en place comme aux Mureaux, de meilleures conditions d’unité des ostéopathes, poursuit Dominique NASLAIN (ostéopathe EHEOB).
Pour l’instant l’accueil des étudiants ne pose pas de problème. Il y a un ostéopathe professionnel par table. Les parents en sont informés par le règlement intérieur.
La particularité de l’association est le recrutement des enfants : ils doivent être adressés par un ostéopathe chez qui ils auront déjà eu une séance en cabinet de façon à ce que les parents sachent de quoi il s’agit et ce qu’ils peuvent trouver à l’association.
Cette démarche de " présélection " explique François BEL (ostéopathe des Mureaux) n’a pas été retenue aux Mureaux car elle nous a semblé trop limitative. La grande ouverture du bouche à oreille des parents, que nous avons choisie, nous a aussi obligé parfois à redéfinir le handicap : il y a un an, par exemple, un enfant scoliotique est venu : la scoliose est-elle un handicap ?
Mme PRIDA souligne que c’est bien initialement grâce aux ostéopathes dans leurs cabinets que les parents ont été informés des possibilités de l’ostéopathie pour leurs enfants. Dans les centres spécialisés, les institutions, les parents ne se voient pas : les enfants arrivent en cars, en taxis...
Michelle NIGLIO, directrice adjointe d’un Centre de Jour pour adultes handicapés à Mantes-La-Jolie, déplore franchement que des consultations ostéopathiques n’aient pas lieu dans les centres eux-mêmes. Elle a pu observer des changements plus ou moins stables chez les jeunes suivis dans l’association EHEO des Mureaux et aussi une ouverture chez certains parents qui trouvent en plus de l’aide ostéopathique une écoute différente parce qu’elle est hors institution médicale ou éducative. Les parents se rencontrent mieux que dans les centres spécialisés et se sentent moins seuls.
Présentation de Mandarine-Océan (Association d’ostéopathes)
Par Sydney HAYOUN, président, ostéopathe de la région parisienne.
Par inspiration et par amitié, Sydney HAYOUN est venu travailler à EHEO Les Mureaux, ce qui lui a donné l’idée de créer avec un collègue une association en Israël, avec les objectifs de soigner les enfants au sens large, c’est à dire handicaps ou non, et de promouvoir l’ostéopathie qui n’existe pas en Israël.
Depuis février 1994, une centaine de consultations ont été effectuées pour 40 enfants.
Les premières difficultés ont été celles des locaux : appartement de la banlieue de Tel Aviv, puis appartement à Jérusalem mais peu adaptés pour une consultation ostéopathique. Puis en 1996, un hôpital de Jérusalem spécialisé dans l’accueil des enfants prématurés a ouvert ses porte à Mandarine-Océan et donc à l’ostéopathie.
Les ostéopathes découvrent le travail ostéopathique avec les enfants prématurés. Ce qu’il faut noter, c’est l’ouverture exceptionnelle de cet hôpital dans lequel naissent 350 enfants par mois de femmes aussi bien juives que musulmanes et catholiques, ce qui correspond bien à l’esprit de Mandarine-Océan.
Une autre difficulté est celle des frais de déplacement : 4000 km séparent Israël de la France. Le lien entre les deux est difficile à établir. Il y a 12 ostéopathes en Israël qui travaillent beaucoup et ne sont pas disponibles pour rejoindre Mandarine-Océan.
Actuellement Mandarine-Océan est une association d’ostéopathes parce que l’impulsion initiale était d’insuffler l’ostéopathie pour l’enfant en Israël mais le but est que les parents prennent de plus en plus en charge les responsabilités administratives et que l’association ressemble à la plupart des EHEO en France. Une autre raison pour aller dans le sens " association de parents " est qu’Israël ne laisse pas rentrer n’importe qui n’importe quand pour faire n’importe quoi. Les ostéopathes ont eu de grosses difficultés pour se faire reconnaître avant d’être accueillis dans l’hôpital de Jérusalem car l’ostéopathie dans le pays balbutie. Une reconnaissance à plus haut niveau administratif (ministère) pourra peut être s’effectuer par l’intermédiaire de cet hôpital.
Sydney HAYOUN explique pourquoi le nom "Mandarine-Océan" a été choisi. "Mandarine" parce que c’est un petit fruit comme l’enfant, parce que sa forme symbolise le concept ostéopathique selon lequel les tissus doivent glisser, rouler, être sans aspérité. "Océan" parce que le principe fondamental de l’ostéopathie est le mouvement, la vague.
Présentation du R.O.F. (Registre des Ostéopathes de France)
par Pierre COUSIN.
C’est une association professionnelle avec un bureau au sommet chargé de veiller au respect des règles déontologiques et éthiques de la profession. La nécessité de règles est apparue aujourd’hui au fil des discussions. Sur 17 ostéopathes présents à notre réunion, 10 sont membres du Registre constate Pierre COUSIN.
Le R.O.F. est un organisme fédérateur qui essaie de surveiller ce qui se passe dans la profession et d’apporter sa pierre à une reconnaissance de l’ostéopathie. Elle exige le devoir de confraternité.
Que signifie DOMRO(F) ? demande un parent. Dans tous les pays, les professionnels se sont regroupés dans la même structure d’organisation. Ils sont tous D.O. c’est à dire Diplômés en Ostéopathie, M.R.O. c’est à dire Membre du Registre des Ostéopathes et la dernière lettre entre parenthèses est le pays auquel ils appartiennent, (F) pour la France.
Comment donner suite ?
Cette dernière partie du débat est proposée par François BEL qui envisage plusieurs possibilités dans l’avenir :
Tout d’abord, cette 1ère rencontre appelle peut-être d’autres rencontres. Les associations pourraient prendre le relais chaque année ou tous les 2 ans et organiser à tour de rôle une rencontre pour développer dans le temps l’impulsion donnée par EHEO des Mureaux. EHEO Toulouse se propose pour 1997. (applaudissements)
Un autre point sous-jacent lors de notre réunion d’aujourd’hui est l’entraide entre les associations : Grenoble a aidé Lyon qui a aidé Toulouse qui a aidé les Mureaux etc. Actuellement, d’autres groupes en Bretagne, dans le Centre, ont l’intention de créer une association EHEO, il est important que l’association la plus proche puisse soutenir ces initiatives, en allant sur place par exemple faire une réunion d’information. C’est ce que nous avons fait pour Auxerre. Il s’agit d’un parrainage.
Il serait aussi possible de proposer un rendez-vous national autour d’une personne ayant une très grande expérience. Nous pensons à Viola FRYMAN, ostéopathe américaine.
"Les associations EHEO en France" pourrait être un sujet de thèse à proposer aux étudiants. Ils viendraient vivre des journées de consultations et feraient ensuite un compte-rendu de ce qu’ils ont vécu avec les enfants handicapés dans les différentes associations.
Nous avions un projet vidéo pour la Rencontre que nous n’avons pas réalisé car le temps, l’argent nous ont manqué. Peut-être que collectivement cela serait possible. Nous avions l’intention de présenter un scénario sur " l’ostéopathie en général " et sur " l’ostéopathie et les enfants handicapés dans l’association ". Cette vidéo pourrait circuler dans toutes les associations et être un outil d’information lors de ces réunions. L’U.F.O.F. (Union Fédérale des Ostéopathes de France), le Collège ATMAN ont parait-il des vidéos dont nous pourrions avoir des copies.
Quand nous parlons de notre association dans un stage, une école, à la presse, il serait souhaitable d’évoquer qu’il y a plusieurs associations en France, en Israël, éventuellement d’en donner la liste et les coordonnées que nous avons tous maintenant grâce au dossier de la Rencontre. Donc parlons désormais au nom de tous.
Il serait envisageable d’aller dans les différents collèges ostéopathiques pour présenter les associations.
EHEO d’Auxerre a proposé de faire un feuillet interne rassemblant les informations de toutes les associations dont serait responsable une association différente chaque année. EHEO Les Mureaux veut bien commencer. Les rapports d’AG pourraient circuler comme ce feuillet.
Un point plus délicat a été évoqué avant même cette rencontre : faut-il instituer une fédération des associations ? Mr Jean-Paul DURET (EHEO Grenoble) en est profondément partisan. Pour lui, une fédération des EHEO est importante pour la reconnaissance de l’ostéopathie, pour la défense des associations (si l’une d’entre elles a un problème, c’est la fédération qui prend sa défense), c’est aussi un élément de poids et de cohérence devant les pouvoirs publics. François BEL expose le point de vue de l’EHEO des Mureaux, tout à fait opposé : une fédération est une structure lourde à porter d’une part, d’autre part et c’est le plus important, chaque association a sa personnalité, son originalité, son autonomie. Une fédération peut édicter des règles, prendre le pouvoir, vouloir que toutes fonctionnent de la même façon, ce que nous refusons pour préserver la richesse de chacune. Chacun est invité à s’exprimer sur la question.
Mme RABATEL (EHEO Lyon) pense que cela pourrait aider les associations.
Pierre TRICOT exprime que la nécessité d’une fédération ne se fait pas sentir et que le moment n’est pas venu pour cela.
Pour conclure sur ce chapitre " perspectives et avenir" Mr BRINET, parent (et maintenant président de EHEO Les Mureaux) dit que les parents aussi ont besoin d’échanger leurs expériences, leurs difficultés, leurs espérances, et pas seulement les ostéopathes. Il espère que la Rencontre sera un élan pour la communication entre parents.
Conclusion
Pour conclure, un regard est porté par Monique THINAT (ostéopathe EHEO Les Mureaux) sur les causes de ce rassemblement.
" Nous savons que tous ici présents, parents ou ostéopathes, nous avons été un jour touchés par l’enfant handicapé, qui a suscité en nous angoisse ou compassion. Si les enfants handicapés sont là, c’est pour appeler en nous plus d’amour, plus d’attention et nous souhaitons ne pas perdre ce sens qui est celui de notre service dans les associations EHEO ".
La réunion s’achève dans une ambiance très fraternelle de remerciements mutuels qui a été tout l’esprit de la Rencontre. Chaque personne, chaque association est désormais reliée aux autres en un réseau dont nous espérons la pérennité.
Témoignages
François Bel (ostéopathe Les mureaux)
La première observation c’est de constater que tout au long de la Rencontre, les personnes en présence avaient une profonde et sincère ENVIE DE SE RENCONTRER. De cette affinité se dégage une sensation de plénitude et de satisfaction de chacun. Les sourires, les questions, les poignées de mains chaleureuses, les retrouvailles pour certains, l’étonnement pour d’autres, etc, tout cela donnait à la rencontre un parfum de joie de vivre, un instant unique et privilégié.
Ces instants de grande qualité humaine qui sont des trésors de l’existence.
Après un accueil chaleureux autour d’un petit déjeuner préparé avec attention, les consultations ont pu commencer.
Le matin l’équipe est constituée de Sabine DUGIED de Lyon, Dominique NASLAIN de Bordeaux, Edith ROSSELIN des Mureaux et moi-même ; ainsi que des invités non-ostéopathes -parents d’autres associations- qui viennent observer discrètement les traitements. Après un temps pour se mettre au même diapason de palpation ostéopathique, les traitements ont donné lieu à des échanges très riches. Dans l’ensemble, l’harmonie du groupe s’est installée rapidement et les séances -bien que très peu démonstratives dans l’action- ont été d’une grande qualité de communication tissulaire. Lentement, en profondeur, en respectant le laisser-faire et l’expression des tissus, nous sommes entrés en communication avec ceux-ci pour atteindre des vérités profondes de leur vécu. L’intention et l’attention de chacun des praticiens était bien en place et nous avons pu réaliser des séances d’une belle qualité. Dominique NASLAIN a exprimé cette communication tissulaire en demandant aux praticiens de " faire descendre de la sérénité " dans ses mains lors du traitement. La sérénité, c’est bien le mot qui résume la qualité de ces quelques séances.
L’après-midi, l’équipe est constituée de Jean-Paul DURET de Grenoble, Jean-René FUNEL de Toulouse, Laurence BONNETOT des Mureaux et moi-même. Après quelques hésitations pour s’entendre et s’harmoniser, j’ai eu la sensation que les traitements se faisaient avec un seul praticien à huit mains tellement nous étions au même niveau de perception. C’est en fait le respect, la confiance et la reconnaissance de l’autre qui ont permis cette harmonie dans l’équipe. Cet échange avec d’autres praticiens n’ayant jamais consulté dans l’association m’a apporté aussi un autre regard et d’autres observations sur les enfants que nous avons vu.
En recueillant un peu les observations des ostéopathes et des parents invités à la rencontre, j’ai eu très fréquemment la même réflexion : " Merci d’avoir fait cette rencontre, ça va nous redynamiser dans notre association pour soigner les enfants ". Rien que pour cela -et pour beaucoup d’autres choses- je suis profondément satisfait et heureux que cette rencontre ait pu avoir lieu, grâce à la volonté de certains pour le bien de tous. Merci à eux et à la prochaine fois.
Pierre TRICOT (ostéopathe Les Mureaux) Sur la journée de traitement Journée qui aurait pu être comme les autres mais dont le climat fut très particulier, différent de l’habitude. J’ai eu l’impression que nous étions unis en un tout harmonieux. J’ai eu la perception que les ego se diluaient, que les moi se transposaient pour s’unir en un plus grand moi, celui de l’association, au service des enfants, et également la sensation d’une union à une puissance qui nous a guidés. J’ai parfois, antérieurement mais sporadiquement, perçu ce climat au cours des journées, mais là, c’était d’autant plus marquant que des personnes étrangères au groupe étaient présentes. Elles ont su se fondre en un. Cela a sans doute été facilité par les parents, eux-mêmes très motivés. Nous étions réellement unis au sein d’un même fondement, d’une même intention.
Sur la réunion du dimanche J’ai remarqué que les difficultés dans les associations, notamment au niveau de leur dynamisme, semblent proportionnelles au nombre de barrières et de limites imposées autant pour le recrutement des ostéopathes ou des enfants que dans le mode de fonctionnement : l’association qui fonctionne aujourd’hui le mieux est celle qui est la plus ouverte, notamment aux ostéopathes, sans considérations d’origine, ni de statut. En ce qui concerne, les Mureaux, il faut considérer que la jeunesse de l’association lui confère un dynamisme plus grand. Mais je pense que ce dynamisme ne peut se perpétuer que si nous maintenons notre point de vue d’ouverture, source même de dynamisme : il faut faire circuler les flux et admettre des flux entrants le plus librement possible, tout en préservant qualité, de traitement et d’éthique.
Monique THINAT (ostéopathe Les Mureaux)
Ce fut la réalisation d’un rêve. Nous nous étions risqués dans ce projet. La réponse à notre intention d’ouverture fut pleine de richesses. Ce qui m’a le plus touchée fut la joie intense dès les premiers moments de la Rencontre avec les premiers arrivants, qui se propageait bientôt à tous, illuminait les visages, nous rendait tous plus vivants.
La journée de consultations, à ma surprise, fut facile. Nous étions rapidement sur la même longueur d’onde, alors que nos approches étaient différentes. Nous étions simplement heureux d’être en résonance, d’être ensemble pour soigner les enfants et recevoir à travers les uns et les autres. Nous vivions cette harmonie dans l’équipe des Mureaux, mais ce jour-là, je fus émerveillée de sentir que nous étions profondément reliés alors que nous nous connaissions à peine.
Un autre bonheur fut pour moi de vivre l’union avec les parents. Une dizaine de parents courageux nous avaient suivis dans la périlleuse aventure que fut la préparation et pendant les deux jours de la rencontre leur présence détendue et efficace a touché les plus distants et allié ainsi parents et ostéopathes.
J’ai vu aussi les regards interrogateurs des enfants. Ce jour-là, d’une pièce à l’autre, nous n’entendîmes aucun pleur... Ils ont reçu la plénitude de ces instants, eux dont l’existence est à l’origine de nos rassemblements, de nos élans.
J’ai aimé le grand cercle de la réunion-débat avec sa liberté de parole. Je sentais que nous étions privilégiés de vivre tout cela. Ces jours-là, le mot que j’ai le plus entendu et dit moi-même fut " merci ".
Extraits du livre d’or de la Rencontre :
Merci à toutes les personnes qui ont organisé cette journée. Cette rencontre apportera un plus à chacun dans son secteur et sur le plan personnel, une vraie richesse !... En espérant dès l’année prochaine créer une association sur l’île de la Réunion
(EHEO Auxerre)
Une organisation top niveau faite par des gens passionnés. Bravo ! Une journée de "travail" -peut-on parler de travail quand il y a tant d’émotion, de communion ?- qui nous laissera un souvenir ému, inoubliable, un contact avec des parents admirables, des enfants qui nous apportent tant, des ostéopathes totalement dévoués, passionnés. Autant de choses qui appellent à de nouvelles et de nombreuses rencontres entre nous tous. Merci à tous et vive l’ostéopathie.
(EHEO Toulouse)
Quelle heureuse initiative ! Bravo pour l’accueil, l’organisation, l’ambiance très chaleureuse. Une bouffée d’oxygène pour dynamiser l’ostéopathie, une expérience à renouveler.
D.O.N. (Développement Ostéopathique du Nord)
Merci pour cette heureuse initiative. Nous sommes enchantés. Le contact avec d’autres parents est très agréable... Bravo pour l’organisation. Nous sommes très heureux d’être à la base d’un immense espoir qui va tisser un réseau à travers toute la France. EHEO Bordeaux C’est super cette solidarité entre parents et ostéopathes. Bravo pour l’organisation et tout le travail que s’est donné l’association des Mureaux. Merci pour cette rencontre.
(EHEO Strasbourg)
Bravo d’avoir eu cette merveilleuse idée ! A l’année prochaine. Pour une première, c’est très réussi. Amitié.
(Association LIBERO Grenoble)
Bravo pour l’organisation. Super journée d’échanges et de rencontres. A refaire.
(EHEO Auxerre)
L’année prochaine, à Jérusalem !! Mandarine-Océan Jérusalem Quel enthousiasme ! Ce week end fera date pour l’élan et le renouveau du dynamisme de chaque association. Merci de votre initiative et bravo pour la réussite éclatante de cette grande première.
(EHEO Lyon)
Merci de cette invitation à ces journées aussi riches qui montrent que l’ostéopathie est bien une thérapeutique aux possibilités immenses, au service de tous !
A.S.O. (Association de Soutien de Ostéopathes)
Merci à ceux qui ont fait naître et durer ce projet, pour les efforts déployés au service des enfants.
(parent, Les Mureaux)
Merci à vous pour cette journée inoubliable enrichissante, une chaleur qui va droit au coeur.
(parent, Les Mureaux)
Nous sommes, dans cette salle des Mureaux plus de quarante personnes de tous les coins de France. Existe-t-il une preuve plus évidente de la réussite de la rencontre et du besoin d’échanges entre nous ?...
(parent, Les Mureaux)
Merci à tous, pour les enfants.
(ostéopathe, Les Mureaux)
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